Karadeniz / Pont Euxin

Le 1er mai 2010, un nouveau tabou est tombé en Turquie. Pour la première fois depuis 1977, des manifestants ont pu se rassembler à Taksim, la place centrale d’Istanbul. Cette année-là, des groupes d’extrême droite avaient ouvert le feu, tuant 36 personnes, et depuis les rassemblements étaient interdits à Taksim.

Toutefois, nous n’avons pas pris à cette manifestation historique, car nous étions déjà partis d’Istanbul : la route de la Mer Noire est longue, et nous avons quitté le petit hôtel de Karaköy, qui nous servait de base depuis une grosse semaine, depuis que le Vetton 3 a rejoint marina de Pendik.

Galata Palas

Peu nombreux sont les touristes qui passent les portes de l’hôtel Galata 2. Situé dans une petite impasse du bas de la colline de Beyoğlu, l’établissement se veut plutôt discret. La peinture brune qui achève de se décoller des murs fissurés n’est guère engageante et la moquette râpée des escaliers qui montent à la réception n’a pas du être remplacée depuis quelques décennies. Dans l’arrière salle, trois ou quatre compères d’une soixantaine d’années jouent aux cartes dans une ambiance enfumée. Ces caractéristiques, qui pourraient décourager certains voyageurs, ne sont pas pour nous déplaire. L’endroit est calme, propre, les lits sont faits régulièrement et le patron, invariablement vêtu d’un gilet en cuir jaune, vient à toutes heures de la journée nous offrir du thé. Personne ne comprend l’anglais mais nous arrivons par des gestes à nous faire entendre.

De fait, les gens ne parlent pas beaucoup dans cet établissement. Poser des questions n’est pas le genre de la maison. Aussi, nous nous contentons d’observer la petite vie réglée des trois hommes qui tiennent l’hôtel : thés et cigarettes, courses hippiques, jeux de cartes…Tous habitent des chambres de l’établissement et le ménage est assurée par une vieille femme qui se traîne péniblement d’un étage à l’autre. Nous observons ce manège quotidien en imaginant que bien des choses devaient se passer ici quelques années plus tôt, quand le quartier était encore réputé pour ses maisons closes et la chaleur de ses nuits. Malgré la gentillesse du maître de maison, l’éclat tranchant que lance parfois ses regards confirme que l’homme aurait beaucoup à raconter si nous pouvions communiquer.

Après de longues heures à courir de rendez-vous en interviews dans les rues d’Istanbul, nous nous sentons chez nous dans cet hôtel aux chambres exiguës et aux lumières blafardes. Nous buvons notre thé dans dans le salon, tandis que le plus vieux des compères regarde, immobile, les courses de chevaux à la télé. Le dernier soir à Istanbul, nous avons invité Marija et Philippe, nos amis de Belgrade, à venir prendre un verre sur « notre » terrasse sur le toit de l’hôtel : il faut se frayer un chemin parmi des vieux meubles abandonnés, mais la vue embrasse le Bosphore et la Corne d’Or, ainsi que la tour de Galata, toute proche, et une synagogue que l’on ne voit pas de la rue.

Nous avons trouvé une voiture de location près de Taksim et nous avons franchi le Bosphore par le pont Fatih Sultan Mehmet, le pont de Mehmet le Conquérant, repassant en Asie parmi les immenses banlieues qui se prolongent sur les bords de la Mer de Marmara. La conurbation d’Istanbul rejoint désormais Izmit, qui panse encore les plaies du tremblement de terre de 1999.

Notre première étape sur la Mer Noire devait être Karasu, une cité balnéaire relativement proche d’Istanbul. Pour nous, il s’agissait avant tout de rendre hommage à notre ami éditeur, Jérome Carassou, directeur des éditions Non Lieu, où nous avons publié quelques ouvrages… Le front de mer de Karasu – les « eaux noires » en turc – a été défiguré par des rangées d’immeubles, qui continuent de pousser sans logique. Sur la plage, quelques balançoires rouillent tandis que les cafés sont fermés : le décor est classique, on pourrait se croire sur une plage de la Baltique ou d’Italie du Sud, voire à Palavas-les-flots. Triste destin que celui des stations balnéaires populaires abandonnées l’hiver…

Le charbon ottoman et la défaite du prolétariat

Nous traversons des villages tranquilles. Des vaches traversent nonchalamment la route. A l’heure de la prière, les hommes se dirigent la mosquée. Le paysage est verdoyant. Nous arrivons dans la soirée vers les cités minières d’Ereğli et de Zongulgak. C’est à Ereğli, l’ancienne Heraclea Pontica, colonie grecque fondée au VIIe siècle avant JC, qu’ont été découvert d’importants gisements de charbon en 1822. Leur exploitation a débuté vingt ans plus tard, sous le règne du sultan réformateur Abdülmecid. Des compagnies françaises et belges ont vite reçu des concessions dans toute la région, et le nom de l’actuel chef lieu, Zonguldak, résulte d’un improbable mélange franco-turc : il s’agissait de la « zone Geul Dagh », du nom des montagnes qui dominent la ville. C’est à Zonguldak qu’un port a été édifié à l’extrême fin du XIXe siècle, pour faciliter l’exportation du charbon.

La population des montagnes s’est très vite déplacée vers les centres miniers, concentrés sur le littoral. Zonguldak présente aujourd’hui l’aspect d’un gros centre industriel sans grand charme, et la vie y est rude. Les mines sont toujours sous administration publique, après la nationalisation décidée par Atatürk, même si l’on parle de plus en plus de leur privatisation. La production se poursuit, mais le nombre de mineurs a drastiquement baissé : les entreprises n’emploient plus que 10.000 personnes, contre 30.000 au début des années 1980. Par contre, comme nous l’expliquent les professeurs du département des mines de l’Université locale, près de 300.000 mineurs originaires de la région ont émigré, tout au long du XXe siècle, vers le bassin de la Rühr, en Allemagne.

L’AKP, le parti musulmano-européen-ultralibéral du Premier ministre Erdoğan gère désormais la ville, où il est presque impossible trouver un café ou un restaurant servant de l’alcool. Le réceptionniste de l’hôtel où nous sommes descendus nous conseille de prendre un taxi pour trouver un meyhane, un établissement offrant des mezzes et du rakι, avant de se raviser et de nous souffler que les restaurants de poisson du front de mer pourraient peut-être nous proposer des boissons alcoolisées.

Les garçons du premier restaurant que nous trouvons nous acceptent aussitôt de nous servir un verre de rakι avec la soupe de poisson, mais pas question de rester en terrasse, où l’on pourrait nous voir. Le problème est que nous voulons aussi fumer, ce qui est désormais interdit dans tous les cafés et restaurants turcs. Qu’à cela ne tienne ! Le garçon nous invite à braver la loi et à fumer à l’intérieur, malgré la lourde amende encourue : ce délit est, à Zonguldak, moins grave que de servir de l’alcool en terrasse. Dans l’établissement désert, un homme seul fume, et cache son verre de rakι derrière son sac. Dans les Balkans aussi, certaines grandes villes industrielles en déshérence, comme Zenica, en Bosnie, sont devenues des bastions d’un islam ostentatoire à défaut d’être radical. Pour évoquer la défaite inexorable du prolétariat, il ne nous reste qu’à nous cacher pour boire notre rakι…

Pont Euxin

Le terme de « Mer Noire » s’explique de plusieurs manières. Certains évoquent la violence des tempêtes d’une mer fermée, aux sautes d’humeur encore plus imprévisibles que celles de la Méditerranée. L’explication ne tient guère, et contredit le nom grec de cette mer : Pont Euxin, Pontos Euxeinos, c’est-à-dire mer « amicale » ou « accueillante ». D’autres théories évoquent même aujourd’hui son appauvrissement en oxygène et sa pollution, mais il s’agit bien sûr d’une évolution récente… En fait, les Turcs associaient des couleurs aux points cardinaux : le noir, kara, correspond au Nord ; le blanc, ak, au Sud ; le rouge, kızıl, à l’Ouest ; yeşil, le vert, à l’Est. La Méditerranée, située au Sud de l’Empire ottoman, est donc désignée sous le nom de « Mer blanche », Akdeniz, et celle située au nord de l’Empire a pris le nom de « Mer Noire », Karadeniz…

La partie occidentale de la côte turque de la Mer Noire, de Zonguldak à Sinop, est véritablement un rivage « accueillant ». La côte est sauvage, sans aucun mitage urbanistique, les habitants se concentrent dans de petites villes, comme Amasra. Ces bourgades ont le plus souvent une origine antique, elles ont été grecques, puis elles sont devenues, au Moyen Âge, des comptoirs gênois…

Les montagnes descendent directement dans la mer, ménageant de petites criques ou des mouillages le long de la côte. A Gideros, la crique forme un cercle presque parfait. Un restaurant abandonné, trois maisons et une petite mosquée sont les seules constructions – l’appel à la prière retentit pourtant avec force à 17 heures sur les eaux tranquilles.

La végétation est luxuriante, mais ce ne sont pas des espèces méditerranéennes que l’on trouve ici : les pluies abondantes permettent le développement de multiples végétaux. Tout au long de la côte, d’immenses forêts de noisetiers se succèdent. La Turquie est le premier producteur mondial de ce fruit, et toutes les noisettes turques viennent de la Mer Noire. Plus à l’est, les champs de thé plongent dans la mer.

1er mai à Sinop, le Plogoff turc

Une statue de Diogène dans son tonneau nous accueille à l’entrée de Sinop. Le philosophe cynique est né dans cette ville en 413 avant JC, et les autorités locales ont récemment voulu lui rendre hommage. Située sur une petite presqu’île, la ville s’ouvre de deux côtés sur la mer. Elle jouit d’une situation exceptionnelle, à mi-chemin du Bosphore et de la Colchide, en face de la Crimée. La côte est pourvue de récifs abrupts, et côté terre, des remparts assuraient sa protection.

Ancienne cité grecque, Sinop a été fondée par des colons venus de Milet au VIIe siècle avant JC. La ville résista aux invasions perses et à celle d’Alexandre le Grand, avant de devenir la capitale du royaume hellénistique du Pont. Mithridate VI Eupator, qui naquit à Sinop en 132 avant JC porta ce royaume à sa plus grande expansion. Au Moyen Âge, la ville conserva une grande importance : c’est le port anatolien le plus proche de la Crimée, et Sinop était intégrée dans le réseau de villes et de comptoirs qui jalonnaient les bords de la Mer Noire.

La ville fut prises par les Turc seldjoukide, en 1214, bien avant l’émergence de la dynastie ottomane, et garde de riches monuments de cette époque. Nous allons boire un thé dans l’ancienne medresa, d’une architecture prodigieuse de simplicité, et qui abrite désormais des petits cafés et des magasins d’artisanat tenus par des femmes.

Nous sommes arrivés à Sinop le 1er mai, alors que la manifestation est en train de s’achever place Atatürk. Par contre, dans le port de pêche, beaucoup de chalutiers, arborent l’affiche « Non au nucléaire », « Sinop nükleer istemiyor » !

La construction d’une centrale est en effet envisagée à Sinop, et la population est radicalement mobilisée contre ce projet, pour l’instant bloqué après l’échec d’un premier appel d’offres. Les marins et les pêcheurs de la Mer Noire sont réputés, malgré la raréfaction de la ressource halieutique qui les touche durement et, à Sinop, ils sont à l’avant-garde de la lutte contre le nucléaire. Les familles et les amis se retrouvent dans les cafés et les restaurants des quais, où les tables touchent presque les bateaux. Ici, la bière et le rakι sont servis sans fausse honte.

La disparition des Pontiques

Peu après Sinop, dès Bafra, le paysage change radicalement. L’autoroute qui longe le littoral, parfois même sur des terrains gagnés sur la mer, a irréversiblement détruit la côte jusqu’aux frontières de la Géorgie. Toutefois, nous vous parlerons dans un autre poste des enjeux environnementaux. Dans notre marche vers l’Est, nous trouvons de plus en plus de signes d’un monde perdu et d’une civilisation détruite, celle des Pontiques.

En 1923, les Accords de Lausanne prévirent des échanges systématiques de populations entre la Grèce et la Turquie. Tous les Grecs d’Asie mineure (les « Micrasiates », comme l’on dit en Grèce) prirent donc le chemin de la Grèce. 500.000 Grecs vivaient encore à cette époque sur les rivages de la Mer Noire. La moitié de ces Pontiques ont été massacrés ou ont péri durant leur transfert et leurs descendants, établis partout à travers le monde, évoquent parfois un « génocide » comparable à celui des Arméniens…

Les villes et les quartiers grecs des rives de la Mer Noire ont été repeuplés par des musulmans, souvent descendus de la montagne, comme les Laz, des populations parlant une langue de la famille mingrélienne, proche du géorgien. Dans la Turquie kémaliste, laïque et nationaliste, il n’était guère bien vu de parler de ces Pontiques – ni d’ailleurs de la complexité ethnique du pays que révèle l’importance de cette communauté laze sur les bords de la Mer Noire. La Turquie était peuplée de Turcs, point final, et la République, une et indivisible, entendait bien transformer tous ses citoyens en bons Turcs.

Aujourd’hui, la Turquie change très vite. Depuis 20 ans, évoquer l’existence du peuple kurde n’est (presque) plus un problème, chacun revendique fièrement ses origines lazes, circassienne ou caucasienne, et le tabou arménien est lui-même en train de s’effriter… Une ville semble pourtant rester un bastion du nationalisme turc, Trabzon, l’ancienne Trébizonde. C’est de cette ville, longtemps bastion des Loups gris, la milice d’extrême droite, que venait le meurtrier de Hrant Dink, le journaliste arménien assassiné en plein centre d’Istanbul le 19 janvier 2007. Ici, les services secrets de l’armée et de la police continuent de se livrer à de subtiles et dangereuses manipulations.

Nous sommes restés trois jours à Trabzon, en partie pour régler notre visa auprès du Consulat général de Russie. Nous en avons profité pour rencontrer les militants du Comité local de défense des droits de la personne. Gültekin Yücesan nous retrouve dans un jardin de thé du meidan, la place centrale de la ville, mais il nous entraîne vite dans son bureau, « loin des oreilles indiscrètes ». Avant de commencer à nous parler, l’homme pose ostensiblement son téléphone sur le haut de l’armoire, pour parer à d’éventuelles écoutes policières… Ces précautions sont peut-être exagérées, mais Gültekin en est à son 131e procès. Pour lui, Trabzon représente toujours un enjeu majeur pour les réseaux nationalistes, du fait de son histoire particulière, peut-être en raison de la disparition de sa population pontique.

En plus de défendre les droits des Kurdes et des autres minorités, Gültekin est un militant révolutionnaire, luxembourgiste, nous précise-t-il. Il nous entraîne dîner avec quelques camarades dans un restaurant où des musiciens chantent des poèmes de Nazim Hikmet, le grand poète communiste turc, ainsi que des chansons plus récentes, qui évoquent les cancers qui ont particulièrement frappé les habitants de la Mer Noire après la catastrophe de Tchernobyl. Assez vite, la jeune militante qui assurait une traduction anglaise assez hésitante doit s’en aller. Nous continuons à boire, malgré l’absence de toute langue de communication. Seul un camarade baragouine quelques mots de russe. Nous trinquons régulièrement à Rosa et à la victoire finale du prolétariat mondial…. « Et les Pontiques ? », finissons-nous par demander. « Mais je suis Pontique », s’exclame le camarade russophone. « Je suis Pontique, et je n’ai pas peur de le dire, alors que beaucoup de gens préfèrent cacher leurs origines ».

Beaucoup de Grecs pontiques sont en effet restés en Turquie et sont convertis à l’islam – certaines sources parlent de plusieurs centaines de milliers de personnes. En Grèce, on nous avait évoqué l’existence de villages de « crypto-chrétiens » dans la région de Trabzon, des villages dont les habitants seraient officiellement musulmans tout en continuant à pratiquer le culte chrétien en cachette. Cette hypothèse est difficile à vérifier. Au contraire, beaucoup d’anciens Pontiques seraient devenus des musulmans très pratiquants, affichant la foi ostentatoire des convertis récents. Cependant, dans nombre de villages, ces nouveaux « Turcs » parlent toujours la langue pontique, un dialecte grec.

Les souvenirs de la présence pontique sont presque impossible à retrouver à Trabzon ou le long de la côte. La ville abrite seulement la magnifique église d’Aya Sofia, naturellement devenue un musée. Elle se dresse à la périphérie de Trabzon, au milieu d’un quartier d’immeubles populaires récents. Les abords immédiats de l’église sont occupés par des terrains vagues, mais des dizaines de jeunes Turcs se pressent pour visiter le magnifique édifice construit par l’Empereur Alexis Ier Comnène. Les jeunes Turcs sont des touristes enthousiastes, qui se prennent abondamment en photo devant chaque site digne d’être visité. Les clichés se retrouvent le soir même sur facebook, où tout étudiant turc compte ses amis par centaines, voire par milliers…

L’Empire grec de Trébizonde a connu sa plus grande splendeur au XIIIe siècle, après la prise de Constantinople. Alexis Ier Comnène, petit-fils de l’Empereur byzantin Andronic Ier, déposé en 1185 par son favori, se proclama Empereur des Romains. Ses successeurs renonceront à ce titre après la restauration de l’Empire byzantin, en 1261, mais l’Empire grec de Trébizonde, dont l’influence s’étendait jusqu’aux rivages de Colchide et de Crimée, dominant tout l’est de la Mer Noire, résista jusqu’en 1461 à la conquête ottomane, sombrant huit années plus tard que Byzance.

Notre quête de ce passé disparu nous mena aussi au monastère de Sumela, à une quarantaine de kilomètres de Trabzon, dans la montagne. Ce monastère troglodythique s’appuie sur une vertigineuse falaise et forme une véritable cité monastique, avec plusieurs églises, des dortoirs, des réfectoires, des salles d’études. Fondé selon la tradition en 386 par deux moines venus d’Athènes, il a atteint apogée au XIVe siècle, sous le règle d’Alexis III Comnène.

Les derniers moines sont partis en 1923, et le « Mont Athos pontique » n’est plus qu’un musée, niché dans la montagne. Nous y croisons un petit groupe de touristes allemands, et quelques jeunes Turcs, qui se prennent en photos devant l’église principale. Les murs extérieurs de l’édifice sont peints de fresques, protégées par l’avancée de la falaise. Celles-ci sont largement recouvertes de graffitis : les plus anciens sont en grec, datés de 1835 ou 1872. D’autres, plus récents, portent les prénoms musulmans de visiteurs ultérieurs.

Nous trouverons encore d’autres traces de l’Empire grec de Trébizonde au fil de nos déambulations le long de la Mer Noire, notamment l’extraordinaire château de Zilkale, dans la vallée de la Fırtına. Par contre, la civilisation pontique a disparu, un monde entier a sombré.

Dès que l’on parle de l’intégration européenne de la Turquie, le débat revient souvent sur les « racines chrétiennes » de l’Europe, en supposant un ancrage continental du christianisme. Cette approche pèche doublement, car elle néglige la longue histoire de l’islam en Europe, mais aussi parce qu’elle oublie toutes les chrétientés d’Orient, celles qui existent toujours, ou celles à jamais disparues, comme la civilisation grecque du Pont Euxin.

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